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Comment toucher 100 de son salaire en arrêt maladie ?

Brigitte
avril 10, 2026
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Se retrouver en arrêt maladie soulève souvent des questions concernant sa rémunération. Entre la sécurité sociale, les accords d’entreprise, et les contrats de prévoyance, les mécanismes pour percevoir l’intégralité de son salaire ne sont pas toujours clairs. Peux-t-on vraiment toucher 100 % de son salaire durant un arrêt ? Quelles démarches sont nécessaires pour y parvenir ? Ces interrogations méritent qu’on s’y attarde.

Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale : un point de départ indispensable

Lorsque l’on cesse temporairement de travailler pour raison médicale, c’est la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou la Mutualité sociale agricole qui intervient en versant des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS). Ces indemnités prennent effet à partir du 4e jour d’arrêt, après une période dite de délai de carence durant laquelle aucune indemnisation n’est versée. En pratique, les IJSS correspondent à 50 % du salaire journalier de base, calculé à partir de la moyenne des salaires bruts des trois derniers mois précédant l’arrêt, dans la limite de 1,8 fois le Smic mensuel. Ce plafond est fixé à 3 180,46 euros en 2024.

Le délai de carence peut fermer la porte à une rémunération complète dès le début de l’arrêt maladie. La plupart des salariés subissent donc une perte de revenu dans les premiers jours de repos médical. Cette réduction pèse particulièrement lorsque l’arrêt est court ou que la rémunération habituelle est élevée.

Le rôle du complément employeur pour approcher la totalité du salaire en arrêt maladie

Dans la majorité des entreprises, la Sécurité sociale seule ne garantit pas le maintien à 100 % du salaire. Pour faire la jonction, le salarié peut bénéficier d’indemnités complémentaires de la part de son employeur. Ces compléments sont généralement versés à partir du 8e jour d’arrêt maladie et varient selon les conventions collectives, les accords d’entreprise ou les usages en vigueur.

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Lorsque le salarié justifie d’une ancienneté d’au moins un an et transmet son arrêt dans les 48 heures, il peut prétendre à un maintien de salaire porté jusqu’à 90 % de sa rémunération brute. Ce mécanisme vise à atténuer la baisse de revenus, mais ne permet pas toujours d’atteindre l’intégralité du salaire habituel. Certaines conventions collectives, toutefois, aménagent ce dispositif en supprimant le délai de carence ou en augmentant la part du complément employeur, permettant ainsi de toucher 100 % dès le 4e jour.

Les entreprises qui adoptent de telles mesures démontrent une politique sociale plus favorable et un réel souci du bien-être financier de leurs salariés, en particulier dans les secteurs les plus exposés aux absences de courte durée.

Conventions collectives : un levier souvent méconnu pour un maintien intégral du salaire

La convention collective applicable est un élément fondamental pour déterminer vos droits lors d’un arrêt maladie. De nombreuses branches professionnelles prévoient un maintien de salaire plus avantageux que le minimum légal. Parmi les avantages possibles, on trouve parfois la suppression totale du délai de carence, une réduction des conditions d’ancienneté, voire un maintien de salaire à 100 % durant plusieurs semaines voire mois, selon la durée de l’arrêt.

Par exemple, dans certains secteurs, la règle générale du maintien à 90 % est remplacée par un dispositif garantissant une rémunération intégrale, sans perte, dès le début de l’arrêt. Il est donc crucial d’examiner attentivement sa convention collective, souvent accessible en ligne ou auprès du service ressources humaines, pour comprendre précisément ses droits.

À défaut d’une convention collective qui protège le salarié sur cet aspect, aucune règle n’oblige l’employeur à compléter les indemnités au-delà du minimum. D’où l’importance d’être informé.

La prévoyance collective et individuelle : un outil pour compléter la rémunération

Les contrats de prévoyance jouent un rôle clé pour garantir aux salariés un maintien complet de leur revenu en cas d’incapacité temporaire. Si la sécurité sociale et le complément employeur ne couvrent pas la totalité du salaire, le contrat de prévoyance peut combler cet écart.

Divers types de contrats existent : les régimes collectifs souscrits par l’employeur pour ses salariés sont fréquents chez les grands groupes et parfois dans les PME. Ces contrats garantissent un maintien intégral de la rémunération pendant l’arrêt, parfois sans délai de carence ou avec des conditions avantageuses. Les salariés peuvent aussi souscrire un contrat individuel pour bénéficier d’une couverture personnalisée, adaptée à leur situation.

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Ce type de couverture est particulièrement utile pour les salariés aux revenus élevés, dont les indemnités journalières sont plafonnées par la Sécurité sociale et ne permettent pas de maintenir pleinement leur niveau de vie.

Formalités obligatoires pour éviter la suspension des indemnités et du complément employeur

Obtenir 100 % de son salaire en arrêt maladie ne dépend pas uniquement des règles de calcul ou des dispositifs contractuels. Le respect rigoureux des obligations administratives est essentiel pour assurer le versement continu des indemnités.

Il faut impérativement envoyer l’arrêt de travail à la CPAM et à l’employeur dans un délai maximal de 48 heures. Il en va de même pour les prolongations, qui doivent être justifiées par des avis médicaux précis. Toute omission ou retard peut entraîner la suspension des IJSS et du complément de l’employeur, affectant durablement la rémunération.

De plus, la loi prévoit que certains salariés peuvent être soumis à des contrôles médicaux pour vérifier la validité de leur arrêt. Le refus injustifié de se soumettre à une contre-visite peut aussi conduire à une suspension des paiements.

Impact des réformes récentes (2024-2026) sur le maintien du salaire en arrêt maladie

Plusieurs modifications législatives ont affecté le calcul et les modalités d’indemnisation des arrêts maladie. Un changement majeur concerne la réduction du plafond de calcul des IJSS, ramené en 2025 de 1,8 fois à 1,4 fois le Smic mensuel, ce qui affecte directement les montants maximums d’indemnisation. Par exemple, le plafond mensuel de salaire pris en compte passe à 2 522,52 euros, entraînant une baisse des indemnités journalières maximales possibles.

Cette réforme concerne principalement les salariés aux revenus supérieurs à 2 500 euros, exposés à une perte significative si aucune autre source de complément n’est envisagée. L’employeur peut alors être tenu de compenser cette baisse partielle pour respecter les accords collectifs ou contractuels.

Par ailleurs, de nouvelles dispositions facilitent la gestion de la reprise du travail, avec l’introduction de la visite de pré-reprise dès 21 jours d’absence continue et la possibilité de télétravail thérapeutique prescrit par le médecin du travail, offrant une transition adaptée entre arrêt et retour à l’emploi.

Fiabiliser ses droits en arrêt maladie : conseils pratiques pour le salarié

Pour maximiser ses chances de percevoir 100 % de son salaire, il faut d’abord bien connaître les dispositifs en place dans l’entreprise : consulter la convention collective, prendre contact avec les représentants du personnel ou le service RH, et comprendre les modalités du contrat de prévoyance s’il existe.

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La transmission rapide et conforme des arrêts de travail constitue un autre facteur crucial. Il est conseillé d’envoyer les documents en recommandé ou par tout moyen permettant de disposer d’un accusé de réception. Suivre l’avancement du traitement auprès de la CPAM et de l’employeur évite également les mauvaises surprises.

Enfin, pour les salariés dont la rémunération ne serait pas intégralement maintenue, il peut être pertinent d’envisager une assurance prévoyance individuelle, offrant une sécurité supplémentaire adaptée à leurs besoins spécifiques.

Synthèse des possibilités pour toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie

La rémunération en arrêt maladie combine plusieurs sources : les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, les indemnités complémentaires apportées par l’employeur, les dispositions plus favorables de la convention collective, et le recours à la prévoyance collective ou individuelle. Chacune de ces composantes peut se superposer pour atteindre la rémunération complète, mais aucune n’est automatique ni suffisante à elle seule.

Le respect des conditions d’ancienneté, de délai de transmission, ainsi que la connaissance des accords internes sont indispensables. Les évolutions législatives récentes doivent également être intégrées afin d’anticiper tout impact financier. Le salarié qui souhaite réellement maintenir ses revenus à 100 % lors d’un arrêt maladie doit s’appuyer sur un ensemble de mécanismes contractuels, conventionnels et personnels, tout en veillant aux démarches administratives avec rigueur.

Brigitte

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