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Dépôt de bilan pendant arrêt maladie : ce qu’il faut savoir sur vos droits et les procédures

Brigitte
janvier 14, 2026
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Dépôt de bilan pendant arrêt maladie : ce qu’il faut savoir sur vos droits et les procédures

Se retrouver en arrêt maladie est déjà une épreuve, surtout quand survient l’annonce difficile du dépôt de bilan de son entreprise. Cette double situation soulève de nombreuses questions sur vos droits, sur la sécurité de vos revenus et les démarches à suivre. Comment concilier protection sociale et procédures judiciaires dans ce contexte délicat ? Quelles garanties persistent pour les salariés pendant cette période incertaine ?

Les implications pratiques du dépôt de bilan pendant un arrêt maladie

Le dépôt de bilan marque un tournant décisif dans la vie d’une entreprise, signalant son incapacité à régler ses dettes. Pour un salarié en arrêt maladie, ce moment peut générer une grande inquiétude, autant sur le plan financier que juridique. Il est important de distinguer que cet arrêt de travail ne suspend pas la procédure de licenciement : le contrat reste officiellement en cours jusqu’à notification du licenciement économique. Cette dernière étape est encadrée par la loi et validée par la jurisprudence, y compris durant un arrêt maladie.

L’arrêt maladie ne protège donc pas de la perte d’emploi, mais garantit la continuité du versement des indemnités journalières par la Sécurité sociale. Ces indemnités s’élèvent à 50 % du salaire journalier de base et sont calculées à partir des trois derniers mois de salaire. Cette protection permet de maintenir une partie des ressources pendant la période d’incapacité de travail, indépendamment des difficultés économiques de l’entreprise.

À noter, dans le cadre d’une procédure collective, le licenciement économique est légal même si vous êtes en arrêt maladie. La Cour de cassation précise que la fermeture de l’établissement constitue un motif valide, distinct du licenciement pour inaptitude, qui obéit à des règles spécifiques.

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Le rôle de l’AGS dans la garantie des droits des salariés en faillite

Une des protections majeures pour les salariés lors d’un dépôt de bilan est l’intervention de l’AGS (Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés). Cette association prend en charge les créances salariales, couvrant les salaires dus, les indemnités compensatrices et les indemnités de licenciement dans la limite d’environ 21 000 euros, soit six fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale.

Le versement par l’AGS est une sécurité précieuse, surtout dans les cas où l’entreprise est en liquidation et ne peut plus honorer ses engagements financiers. Pour les salariés en arrêt maladie, cela signifie que leurs droits aux salaires et aux indemnités liées au licenciement sont préservés sans compromis, y compris les compléments liés à leur incapacité de travail. Cette garantie offre un soutien financier essentiel pendant une période de vulnérabilité.

Les étapes clés à suivre en cas de dépôt de bilan lors d’un arrêt maladie

La procédure de liquidation ou de redressement judiciaire impose aux salariés de suivre certaines démarches strictes. Tout d’abord, la notification du licenciement se fait via une lettre recommandée avec accusé de réception, après un entretien préalable pouvant se tenir même durant l’arrêt maladie. En cas d’incapacité de déplacement, vous pouvez vous faire représenter ou adresser vos observations par écrit.

Ensuite, il est impératif de déclarer votre créance salariale auprès du mandataire judiciaire désigné dans un délai de deux mois suivant la publication du jugement au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Cette étape est cruciale pour garantir le versement des sommes dues par l’AGS.

Par ailleurs, il convient de continuer à transmettre vos arrêts maladie à la Sécurité sociale et au représentant de l’entreprise chargé des procédures. Informer également votre mutuelle et l’organisme de prévoyance active la continuité de la couverture santé et prévoyance selon la loi Évin, qui assure un maintien des garanties pendant 3 à 12 mois après la rupture du contrat, souvent sans cotisation. Cette clause évite une interruption brutale de protection sociale, renforçant ainsi la sécurité financière et sanitaire.

Comment fonctionne la cessation d’activité en SASU en cas de maladie du dirigeant ?

Le cas particulier du président de SASU, assimilé salarié, s’inscrit dans une logique légèrement différente. Lui aussi peut bénéficier d’indemnités journalières en cas d’arrêt maladie à condition d’avoir cotisé suffisamment. Les conditions d’ouverture des droits dépendent de la durée du travail effectué avant l’arrêt et du montant des cotisations.

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Lorsque la maladie empêche durablement la poursuite de l’activité, le dirigeant peut envisager la dissolution volontaire de la société. Cette démarche diffère du dépôt de bilan car elle relève d’une décision prise en pleine connaissance de cause, face à une incapacité à poursuivre l’activité. En cas de liquidation judiciaire liée à une cessation de paiement entraînée par cette situation médicale, le président ne bénéficie pas d’une protection spécifique. Toutefois, s’il est salarié de l’entreprise, il conserve ses droits salariaux habituels.

La protection sociale entre arrêt maladie et dépôt de bilan : droits et limites

La séparation entre protection sociale et statut salarial prend tout son sens lorsque la situation de l’entreprise devient critique. Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale ne dépendent plus de l’entreprise mais bien du régime d’assurance maladie. Elles garantissent un revenu minimum, même dans le contexte d’une cessation de paiements.

De plus, la législation assure un maintien de la prévoyance, souvent intégrée dans les contrats collectifs, grâce à la loi Évin. Cette dernière oblige les assureurs à maintenir les garanties sans cotisation pendant une durée minimale, protégeant ainsi les salariés licenciés durant un arrêt maladie.

En revanche, il est important de comprendre que le licenciement économique pendant un arrêt maladie ne suspend pas les procédures, ni n’empêche l’interruption du contrat de travail. En conséquence, il faut anticiper la transition vers d’autres dispositifs comme Pôle emploi, en s’inscrivant dès réception de la notification de licenciement. Cette inscription favorise l’accès aux allocations chômage et aux aides à la reconversion, essentielles après un événement aussi perturbant.

Recours et accompagnement : faire valoir ses droits après un dépôt de bilan

Il est possible que des litiges surgissent concernant la reconnaissance des créances salariales ou la régularité de la procédure de licenciement. Dans ce cas, le conseil de prud’hommes reste compétent pour trancher sur les contentieux liés au contrat de travail, même dans le cadre d’une procédure collective.

Pour les différends relatifs au montant des créances, le juge-commissaire désigné intervient pour valider ou ajuster les sommes dues. Parallèlement, pour des questions liées aux indemnités journalières ou à la couverture maladie, la commission de recours amiable de la CPAM constitue un premier interlocuteur avant de pouvoir saisir le tribunal des affaires de sécurité sociale.

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L’appui des organisations syndicales, de l’inspection du travail ou des services juridiques spécialisés contribue également à défendre les droits des salariés fragilisés par cette succession d’épreuves. Le Défenseur des droits et la Direccte peuvent aussi intervenir en cas de manquements ou abus dans la procédure, offrant une aide précieuse, gratuite et indépendante.

Le dépôt de bilan et l’arrêt maladie : un équilibre délicat à maintenir

Faire face simultanément à un arrêt maladie et au dépôt de bilan de son entreprise déstabilise profondément. Pourtant, le cadre légal prévoit des protections adaptées pour limiter les conséquences économiques et sociales. Maintien des indemnités journalières, garanties par l’AGS, protection renforcée par la loi Évin et recours judiciaires adaptés forment un socle solide pour accompagner les salariés.

Ces dispositifs exigent néanmoins un suivi attentif et une démarche proactive. Transmettre ses arrêts maladie, déclarer ses créances à temps, rester en contact avec les représentants légaux et préparer sa transition professionnelle sont autant d’étapes incontournables à respecter pour sécuriser ses droits et envisager une reprise d’activité sereine.

Cette situation met en lumière l’importance d’une information claire, d’un accompagnement ciblé et de la solidarité institutionnelle pour traverser une période aussi complexe avec la meilleure garantie possible de soutien et de protection.

Brigitte

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