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Histoire des Assises de l’EEDD

Brigitte
novembre 28, 2025
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Histoire des Assises de l'EEDD

Depuis plusieurs décennies, les Assises de l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable (EEDD) rythment le dialogue entre acteurs engagés pour un avenir plus responsable. Mais comment ces rencontres ont-elles vu le jour et quelle dynamique ont-elles insufflée à l’éducation environnementale en France ? Ce questionnement soulève des enjeux essentiels sur la construction collective de cette thématique. Plongeons dans les étapes majeures qui ont façonné cette histoire.

Les prémices d’une mobilisation collective autour de l’éducation à l’environnement

Tout commence en 1997, lorsque 70 participants français répondent à l’invitation québécoise pour se rendre à Montréal et participer au premier forum francophone de l’éducation à l’environnement, connu sous le nom de Planet’ERE 1. Cette expérience internationale joue un rôle déclencheur. En effet, elle stimule le désir de rassembler et de structurer les acteurs de l’éducation à l’environnement en France. De cette dynamique naît le Collectif Français pour l’Éducation à l’Environnement au Développement Durable (CFEEDD), structure fondamentale pour la suite.

Le défi n’était pas mince : passer d’une inspiration internationale à une mobilisation en territoire français, impliquant une diversité d’acteurs — associations, institutions, éducateurs, et collectivités. Ce collectif devient le moteur d’une articulation nouvelle, où chaque participant apporte son expertise pour faire avancer l’éducation à l’environnement dans une vision durable.

Les premières Assises nationales de l’EEDD : un tournant en 2000

En février 2000, Lille accueille les premières Assises nationales de l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable. Ce rendez-vous rassemble 1200 personnes issues d’univers très variés. Une telle convergence montre l’importance croissante que revêt cette thématique sur le territoire national.

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Au cœur de ces échanges, une ambition forte : élaborer collectivement un Plan National d’Action (PNA) pour structurer les initiatives et apporter une visibilité à l’éducation à l’environnement. Ce document deviendra une référence pour l’ensemble des acteurs engagés. L’événement dépasse donc le simple cadre d’une rencontre et marque une étape importante dans la reconnaissance et la coordination nationale des actions en faveur de l’ÉEDD.

Planet’ERE 2 et la formalisation d’une définition de l’éducation à l’environnement

En 2001, la France a l’opportunité d’accueillir Planet’ERE 2, un rendez-vous mondial organisé par le CFEEDD avec le soutien de l’UNESCO. Ce sommet constitue une occasion unique pour renforcer la visibilité internationale du mouvement et affiner les principes fondateurs de l’éducation à l’environnement.

Un résultat majeur est la rédaction en 2002 d’un texte portant sur une définition précise de l’éducation à l’environnement vers un développement durable. Cette formulation est essentielle car elle offre un cadre commun aux multiples acteurs. Elle établit que l’éducation à l’environnement vise à acquérir des connaissances, compétences, valeurs et comportements permettant de favoriser une relation équilibrée entre humains et environnement pour assurer la durabilité des sociétés.

L’EEDD s’ancre dans les débats nationaux et prend une place stratégique

Durant les années qui suivent, notamment en 2005, le travail se poursuit avec une forte orientation vers la scène internationale et la préparation de Planet’ERE 3. Mais en parallèle, le CFEEDD entend aussi inscrire fermement l’Éducation à l’Environnement dans les discussions politiques françaises.

Entre 2007 et 2008, à l’occasion des élections présidentielles, législatives, municipales et cantonales, le collectif intervient pour sensibiliser les candidats aux enjeux liés à l’éducation environnementale. Son engagement dépasse l’aspect pédagogique, établissant l’EEDD comme un élément clé des politiques publiques environnementales. L’implication dans le Grenelle de l’environnement accentue cette dimension stratégique, montrant que l’éducation peut être un levier puissant pour accompagner les transformations sociétales.

Les Assises nationales de 2009 : une mobilisation inédite des acteurs

La deuxième édition des Assises nationales de l’EEDD se tient en 2009 en Basse-Normandie. Cette étape est remarquable par son ampleur et sa capacité à mobiliser 6 000 participants, issus des quatre sphères : État, collectivités territoriales, société civile et entreprises. Ce croisement des secteurs traduit la dimension transversale devenue indispensable à l’éducation environnementale.

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Un travail approfondi est réalisé au niveau territorial avec 65 assises locales, offrant une remontée des besoins et initiatives ancrées dans les réalités de terrain. Cette démarche participative illustre la volonté de construire des solutions concertées, tout en valorisant des acteurs souvent éloignés des grandes décisions. Elle permet de nourrir les réflexions politiques et stratégiques à partir de retours concrets.

Les troisièmes Assises de 2013 et la consolidation régionale

Organisées en Rhône-Alpes, les troisièmes Assises en 2013 poursuivent cette logique d’ancrage renforcé sur le territoire. Elles s’appuient sur un réseau de partenaires solidifiés et sur une meilleure structuration des acteurs régionaux. Il s’agit de bâtir des collaborations durables, dépasser les silos, et favoriser des pratiques pédagogiques innovantes, adaptées aux problématiques locales.

Ces rencontres sont aussi le lieu pour ajuster les priorités et réfléchir aux moyens de renouveler l’approche éducative face à l’urgence croissante des enjeux environnementaux. Le mouvement se professionnalise progressivement, renforçant son influence dans le champ de l’éducation et des politiques publiques.

Regards croisés en 2019 : un état des lieux pour anticiper l’avenir

En 2019, une étape clé est franchie avec le lancement d’un état des lieux de l’EEDD en France par le CFEEDD. Cette démarche vise à analyser les actions passées et à prendre en compte les évolutions liées notamment à la décentralisation, qui redistribue les responsabilités aux échelons régionaux et locaux.

Un groupe externe est chargé de conduire les entretiens avec 22 acteurs représentatifs : membres du CFEEDD, délégations territoriales, partenaires historiques et réseaux régionaux. Ce diagnostic permet d’identifier les forces, faiblesses et les attentes des acteurs sur le terrain.

Ce bilan renforce l’idée que la cohérence entre acteurs, la mutualisation des ressources, et l’accompagnement des initiatives territoriales sont des points essentiels pour consolider le développement de l’éducation à l’environnement.

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La concertation nationale lancée en 2021 : vers une nouvelle organisation collective

L’année 2021 marque le lancement d’une concertation nationale inédite pour faire évoluer l’organisation collective des associations œuvrant en EEDD. Elle réunit le Comité de pilotage du CFEEDD, les représentants des réseaux régionaux GRAINE, et le FRENE, institution historique dans le domaine.

Cette concertation s’appuie sur un dialogue approfondi, avec plusieurs étapes clés : en juin 2021, un accord autour d’un projet commun est posé ; en novembre 2022, les principes d’une réorganisation statutaire sont arrêtés ; et enfin, en juin 2023, les statuts révisés du CFEEDD sont adoptés à l’unanimité lors d’une assemblée générale extraordinaire.

Cette dynamique traduit une volonté d’adaptation au contexte actuel, de renforcement des liens entre acteurs, et de modernisation de la gouvernance. Elle vise à mieux répondre aux besoins territoriaux et à encourager les synergies pour amplifier l’impact de l’éducation à l’environnement.

Au fil de ces évolutions, les Assises nationales de l’EEDD apparaissent comme un véritable miroir des transformations du secteur, conjuguant réflexions stratégiques et engagements de terrain. Elles témoignent d’une histoire collective fondée sur le dialogue, la diversité des compétences, et la recherche d’un avenir plus durable.

Brigitte

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